Citizen Light

42 mois de suspension pour un médecin généraliste

Le Dr Labreze purge sa peine depuis 4 mois. Il dénonce l’acharnement de la chambre disciplinaire de l’ordre des médecins qui inverse les culpabilités. Il réclame justice.

« C’est une séquence inversée. On n’examine pas les faits ; on détermine d’emblée ma culpabilité. Puis on va distordre et corrompre les faits pour me sanctionner » - Philippe Labreze

42 mois de suspension : c’est la condamnation que subit le Dr Jean-Philippe Labreze, privé d’exercer son activité de médecin généraliste depuis le 1er septembre dernier. « C’est une séquence inversée. On n’examine pas les faits ; on détermine d’emblée ma culpabilité. Puis on va distordre et corrompre les faits pour me sanctionner », constate-t-il, deux ans après sa condamnation en première instance par la chambre disciplinaire de l’ordre des médecins de la région PACA.

Le médecin a été puni de 3 ans de suspension, dont 2 avec sursis, car il n’aurait pas respecté la déontologie. Le Dr Labreze avait, en août 2018, tenté de secourir une patiente en soins palliatifs à l’hôpital de Salon de Provence, à la demande de ses proches. La vieille dame de 80 ans était condamnée, selon l’hôpital par une infection incurable. Il avait alors ajouté dans sa perfusion de la vitamine C, traitement qu’il étudie et applique depuis quarante ans. Le traitement avait amélioré l’état de la vieille dame, ce que ses proches avaient constaté. Mais il a été interrompu par l’hôpital. La patiente est décédée quelques jours après. L’hôpital a fait un signalement à l’encontre du médecin généraliste.

Le Dr Labreze a également été condamné à 6 mois de suspension dans un autre dossier : la chambre disciplinaire de l’ordre des médecins de la région PACA lui reproche d’avoir diffusé auprès de professionnels de la santé, au début de la crise sanitaire, des documents décrivant des protocoles de traitements éprouvés. Documents émanant d’une association de professeurs américains (FLCCC), spécialistes en pneumologie, infectiologie et soins intensifs. Ces protocoles appliqués aux malades du Covid gravement atteints permettraient de diviser par 3 la mortalité, de 17-22% à 6,5%.

Dr Labreze souligne que cette juridiction le condamne systématiquement lourdement, comme s’il était « l’homme à abattre ». Il s’est pourvu devant le Conseil d’Etat, qui a rejeté son pourvoi. « Il faut savoir que la chambre disciplinaire nationale est présidée par un conseiller d’état honoraire. Donc accepter le pourvoi serait revenu en quelque sorte à désavouer un ancien membre du Conseil d’état. », remarque-t-il.

Prochaine étape : l’audience en appel de la 2ème sanction. Car cette dernière a fait sauter le sursis de la précédente. Le médecin suspendu est soutenu par un comité de soutien, dont nombre de ses patients. Il regrette être tous les jours sollicité par des personnes malades qui ne trouvent plus de médecins et de ne pas pouvoir prescrire. Il est également soutenu par le professeur américain Paul Marik, directeur de l’unité de soins intensif de l’université médicale de East Virginia aux Etats-Unis, expert reconnu de la septicémie.