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Communes rurales : cap sur la résilience

Les maires de 200 communes rurales réfléchissent à leur participation à la transition écologique. Ils ont rencontré le Shift Project, un groupe de réflexion qui propose une méthode de transformation pour survivre aux crises.

« On notera cependant que la rhétorique du Shift fait l’impasse sur la question au centre de nos actions : le sacrifice de notre patrimoine naturel et culturel sur l’autel d’une énergie non critique. » Les Amis de la Montagne de Lure

200 maires de communes rurales ont lancé des ateliers pour définir les grandes lignes de leur participation à la transition écologique. Ils tiennent, dans ce cadre, à « freiner la colonisation industrielle des espaces naturels de notre périmètre ». Le 10 novembre dernier, rencontre avec le Shift Project, un « think tank » qui réfléchit à un plan de transformation de l’économie française pour sortir des énergies fossiles. Deux événements étaient consacrés à l’impact de la crise énergétique sur les territoires ruraux.

Jean-Marc Jancovici, président du Shift Project, s’est adressé par visioconférence à l’association des maires ruraux de France (AMRF) pour évoquer sa vision à moyen terme des pressions qu’allaient subir les collectivités rurales. Le Shift Project part du constat que le « dérèglement » climatique est irréversible et durable, que nous vivons la fin de l’abondance des énergies fossiles et qu’il s’agit de trouver une méthode pour décarboner l’économie française. Dans ce contexte de crise, les maires des communes rurales cherchent à participer une transformation qu’ils savent inévitable. Mais ils tiennent à ce que leurs communes ne soient ni pillées, ni exploitées. Jean-Marc Jancovici suggère que chaque commune investisse 1% de son budget à des activités d’audit et de conseils.

L’équipe du Shift Project a ensuite présenté dans un webinaire ses travaux sur la transformation des campagnes, qui passerait par une nécessaire « sobriété ». Quelques points évoqués : l’enjeu de la mobilité (90% des déplacements pour travailler nécessitent un transport), des éléments de solution comme le vélo ou le partage de véhicule, limiter l’étalement urbain, développer l’agriculture locale ou encore innover dans les activités économiques et sociales des collectivités rurales.

« On peut voir ça comme une approche rationnelle et structurée des démarches de sobriété, dont on parle de plus en plus, sans pourtant dissiper le flou qui enveloppe cette notion, plus une tendance qu’une pratique étudiée. », commente l’association « Les Amis de la Montagne de Lure » (Amilure). « On notera cependant que la rhétorique du Shift fait l’impasse sur la question au centre de nos actions : le sacrifice de notre patrimoine naturel et culturel sur l’autel d’une énergie non critique. »

Au début du webinaire, le Shift Project informe qu’il est financé par de nombreux acteurs privés (Bouygues, Vinci, L’Oréal, Alstom, BNP Paribas, Enedis, AXA…) et publics (Ministère de la Transition Ecologique, Ministère des Armées, European Climate Foundation, EDF, SNCF…).