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Guyane

Un village se bat contre l’installation d’une centrale photovoltaïque sur son territoire

Depuis trois ans, un village Kali’na, peuple autochtone de Guyane, se bat contre l’emplacement d’un projet de centrale photovoltaïque.

Source : Association Nationale pour la Biodiversité

Le projet de centrale électrique de l’ouest guyanais, CEOG, prévoit de raser 78 ha de forêt amazonienne du Parc naturel régional de Guyane classés en zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique et en espace naturel de conservation durable. C’est aussi le territoire de vie, de chasse et de pêche de la communauté amérindienne Kalin’a du village de Prospérité.

41 espèces protégées ont été identifiées sur la zone, dont plus d’une dizaine aux enjeux « forts ». Certaines essences d’arbres sont considérées « en danger critique d’extinction » à l’échelle mondiale.

Pourtant, la préfecture de Guyane n’a imposé à CEOG aucune demande de dérogation à la protection de toutes ces espèces, comme l’oblige le code de l’environnement.

Les experts écologues reconnaissent pourtant toute l’incohérence d’un tel projet au sein d’une zone forestière aussi riche, mais CEOG persiste et affirme « avoir obtenu toutes les autorisations environnementales nécessaires ».

L’Association Nationale pour la Biodiversité (ANB) remarque que le principal actionnaire de ce projet industriel est le fond d’investissement Meridiam, dirigé par Thierry Déau, proche d’Emmanuel Macron.

Le combat des villageois a pris un tournant le 24 octobre : selon l’ANB, le peuple Kalin’a a voulu faire respecter ses droits, mais une colonne de gendarmes mobiles a envahi le village et a arrêté, menotté et placé en garde à vue 4 habitants, dont le chef coutumier, Roland Sjabere. 

L’ANB poursuit : ce genre de violence de l’Etat contre un peuple autochtone est une première et un vent de révolte souffle depuis sur tous les peuples autochtones guyanais.

Précision : les kalin’a ne sont pas contre ce projet mais contre son emplacement qui viole ses droits coutumiers.

A ce jour, les travaux de déforestation sur 16,5 ha ont d’ores et déjà pollué 4 cours d’eau de cette zone marécageuse et provoqué une situation catastrophique pour l’éco-système. Une espèce protégée très rare est particulièrement impactée : l’opossum aquatique. L’habitat de ce mammifère a été très altéré par la pollution et les écoulements d’eau. Il s’agit d’un enjeu maximal, selon l’ANB.

L’association a déposé le 17 novembre une plainte pénale contre la CEOG, dans laquelle elle pointe de multiples infractions au code de l’environnement.

« Les travaux de déboisement ont détruit des nids, des couvées et des spécimens d’espèces protégées (…) L’enjeu de pollution du milieu aquatique avait été également parfaitement identifié par le bureau d’étude BIOTOPE et la MRAE (mission régionale d’autorité environnementale). Des mesures d’évitement avaient d’ailleurs été préconisées ». Or, « CEOG n’a mis en place aucune des mesures auxquelles elle s’était engagée » pour limiter l’impact sur la faune et la flore.

Photos à l’appui, l’ANB constate que « la dégradation majeure de la faune et du milieu aquatique ainsi que le non-respect de l’arrêté d’autorisation sont ici manifestes. »

Source : Association Nationale pour la Biodiversité